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[L]’élément principal de la beauté d’une personne tient à son apparence de santé, de vigueur et à une configuration de ses membres qui annonce la force et l’activité. Seule la sympathie permet de rendre raison de cette idée de beauté.

David Hume, Traité de la nature humaine, livre II, partie II, section V

Ce qui est beau suscite l’attirance; un corps vigoureux, harmonieux et actif suscite un sentiment de beauté; les corps athlétiques sont donc attirants, générateurs de passion.

Faire du sport, de l’activité physique1, serait donc avantageux tant sur le plan personnel que passionnel, puisque participant de la notion de beauté chez une personne. À l’extrémité du spectre: un corps d’athlète entraîné est fort agréable à la vue, particulièrement en action. Le plaisir à observer ce spectacle, l’admiration que l’on y porte, serait dû, selon Hume, à la sympathie que nous éprouvons naturellement vis-à-vis cette monstration de beauté.

En plus des gains personnels (technique, force, déplacement, etc.) qui augmentent l’estime que l’on a de soi-même (par ses capacités athlétiques et sa constitution corporelle), on s’attire l’estime des autres (en plus de leur regard, lorsqu’on se met en spectacle dans une épreuve de compétition par exemple).

Hume nous rappelle donc, au beau milieu d’un traité de philosophie, de l’importance de la culture physique – et non simplement du maquillage cosmétique. La beauté physique est, en ce sens, largement en connexion avec un certain fonctionnalisme athlétique («vigueur»; «force»; «activité»).


  1. L’activité physique favoriserait les facultés cognitives tout en participant à une meilleure santé générale (la simple marche est d’ailleurs très propice à la réflexion, elle est même centrale dans l’exercice philosophique, chez Aristote comme Rousseau par exemple). ↩︎