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Les Passions de Hume: les quatre affections possibles

Dans la même série: Les Passions de Hume

[…] je suis moi-même l’objet propre de l’orgueil et de l’humilité; l’autre étant l’objet de l’amour ou de la haine.

David Hume, Traité de la nature humaine, livre II, partie II, section II

Hume soutenait qu’il n’y avait que deux passions fondamentales du Moi: l’orgueil et l’humilité. Il explique que l’objet de l’amour n’est pas le Moi, mais l’autre, car en fait la passion (amoureuse) doit être causée par quelque chose d’autre, jamais par le Moi à lui seul.

Dès qu’un objet, une personne ne nous laisse pas indifférent·e, Hume soutient qu’il n’y a au fond que quatre possibilités: soit cette chose suscite en nous un plaisir ou un malaise; soit cette chose se trouve chez l’autre en suscitant des sentiments correspondants.

L’orgueil et l’amour sont des passions agréables; la haine et l’humilité, des passions pénibles. Cette similitude de sensation entre l’orgueil et l’amour, d’une part, celle qui existe entre l’humilité et la haine, d’autre part, constituent une nouvelle connexion et peuvent être considérées comme les deux autres côtés du carré. En somme, l’orgueil est en connexion avec l’humilité, l’amour avec la haine, par leurs objets ou idées; l’orgueil avec l’amour, l’humilité avec la haine, par leurs sensations ou leurs impressions.

David Hume, Traité de la nature humaine, livre II, partie II, section II

Ce qui est agréable et qui concerne soi est orgueilleux, alors que ce qui concerne autrui est amoureux, d’où le tableau suivant:

AgréablePénible
MoiOrgueilHumilité
L’autreAmourHaine

En quoi l’amour (dirigé vers autrui) est-il compatible avec l’orgueil (dirigé vers soi)? Hume propose une série d’expérimentations pour confirmer son «système rigoureux sur les passions» et résoudre les apparentes contradictions qui en surgissent.