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Les Passions de Hume: sources d’orgueil

Dans la même série: Les Passions de Hume

Avant d’aborder des sujets plus sombres tels que l’envie et la jalousie (revers terrifiants de la passion amoureuse), nous revenons sur l’une des importantes sources d’orgueil: la propriété.

Les hommes sont fiers de la beauté de leur pays, de leur comté, voire de leur paroisse. Dans ce cas, l’idée de beauté produit évidemment un plaisir. Ce plaisir est relié à l’orgueil. L’objet ou la cause de ce plaisir est, par hypothèse, relié au moi, objet de l’orgueil. Par cette relation de sentiments et d’idées, une transition s’effectue de la première (soit l’idée de beauté) au dernier (c’est-à-dire le moi, objet de l’orgueil).

David Hume, Dissertations sur les passions, section II, §8

Les choses n’ont d’importance qu’en relation au Moi; l’importance qu’on leur attribue se transfère à soi par simple association (c’est ainsi que fonctionnent les passions, par association).

C’est l’idée de la propriété: ce qui est relié au Moi appartient donc, en quelque sorte, à celui-ci; et la propriété – c’est une évidence souligne Hume – est la plus manifeste des sources d’orgueil.

Le problème avec cette source passionnelle agréable (la propriété), c’est que lorsqu’elle est menacée, elle suscite un sentiment contraire, désagréable: la jalousie.