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Matérialisme informationnel

Par Louis-Olivier Brassard

Dans le matérialisme informationnel, deux prémisses fondamentales sont entrelacées: la substance physique et l’information sémantique (qui organise la première). C’est le cas par exemple du code génétique.

Dans son ouvrage Protocol: How Control Exists after Decentralization (2004), Alexander Galloway note (p. 111):

L’«âge de l’information» – un terme irrévérencieusement galvaudé par de nombreuses critiques de la vie contemporaine – n’est pas simplement un moment où les ordinateurs en viennent à dominer, mais représente bien ce moment dans l’histoire où la matière elle-même est comprise en termes d’information ou de code. À ce moment historique, le protocole devient une force contrôlant de la vie sociale.

(Alexander Galloway)

Dès que nous réalisons que le monde peut être appréhendé par les moyens de la cybernétique, le pouvoir consiste à maîtriser les protocoles – mécanismes de contrôle d’un réseau distribué.

Protocole signifie pouvoir. Sans égard à lui, la décentralisation n’aboutira qu’à un leurre dans la quête d’autonomie.