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L’air de la machine

Par Louis-Olivier Brassard

Le progrès technologique est-il toujours signe d’un réel changement social? Parfois oui, parfois non. Contre la technophilie pure, El Lissitzky écrivait en 1926:

Ils ont la vue courte ceux qui pensent que seule la machine, c’est-à-dire le remplacement des procédures manuelles par des procédures mécaniques, peut apporter des modifications fondamentales dans la forme et l’aspect des choses. C’est le consommateur avec ses exigences propres qui se trouve au premier rang de ceux qui décident du changement: je veux parler bien sûr de la couche sociale d’où surgit la «commande».

(El Lissitzky, Notre livre, 1926)

Remarque qui rappelle le pouvoir central du consommateur dans une société axée sur la production de biens matériels, et que la «dématérialisation» n’en représente que le prolongement.

De nos jours l’idée qui soulève les masses, c’est le matérialisme, mais ce qui caractérise notre époque, c’est la dématérialisation. Puis c’est au réseau électrique et aux installations électriques de s’accroître, et la radio vient les soulager. Le matériel se réduit, nous dématérialisons, nous remplaçons des masses encombrantes de matériel en libérant des énergies. C’est le signe de notre époque.

(El Lissitzky, Notre livre, 1926)

Et la nôtre?