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Du texte comme premier miracle de l’humanité

Par Louis-Olivier Brassard

Dans son texte Le Verre de cristal paru en 1930, Beatrice Warde défend l’invisibilité comme qualité suprême de la typographie, en tant qu’elle participe à la transmission claire et limpide de la pensée (portée par le texte). Warde situe ainsi le caractère anthropologiquement fondamental du langage:

La parole, la radio, l’écriture et l’imprimerie sont toutes, littéralement, des formes de transmission de pensée, et cette capacité et cette avidité à transmettre et à recevoir les fruits de la pensée sont, presque à elles seules, à l’origine du processus de civilisation.

(Warde, 1930)

Si cette «transmission de pensée» se manifeste à travers différentes modalités, c’est sans surprise dans son registre textuel (et imprimé, pour l’époque) qu’il intéresse le plus la typographe.

Que je sois capable d’engager une conversation avec une personne inconnue vivant à l’autre bout de la planète en traçant des signes noirs sur du papier relève de la magie pure.

(Warde, 1930)

Je partage sans réserve cet enthousiasme pour le texte.